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Huxley à Sanary 3.1

Les seconds témoins: Guy et Jean Kisling

Table des matières - image

Il y avait aussi les frères Kisling, Jean et Guy, fils du célèbre voisin de la villa la Baie à la Plage Dorée Moïse Kisling, l'ami d'Amadeo ModiglianiNé au sein d'une famille juive de Livourne, Amedeo est le quatrième enfant d'un homme d'affaire ruiné et d'Eugénie Garsin. Son enfance est pauvre et marquée par la maladie. À 14 ans, il subit une attaque de typhoïde et deux ans plus tard une tuberculose. En 1898, son frère de 26 ans, Emmanuel, est condamné à six mois de prison pour anarchisme.
En 1902, il s'inscrit à l'école libre du nu, la Scuola Libera di Nudo de l'Accademia di Belle Arti à Florence dirigée par le professeur Giovanni Fattori, le peintre chef de file des Macchiaioli, à Florence et l'année suivante à l'Institut des Arts de Venise où il fréquente les bas-fonds.
En 1906, il déménage à Paris alors le centre de l'avant-garde dans le Bateau-Lavoir, un phalanstère pour prolétaires de Montmartre. D'abord influencé par Toulouse-Lautrec, il s'inspire de Paul Cézanne, le cubisme et la période bleue de Picasso. Il est remarqué pour sa vitesse d'exécution. Il ne retouche jamais ses tableaux mais ceux qui ont posé pour lui ont dit que c'était comme avoir son âme mise à nu.
En 1909, il fait un court séjour à Livourne, malade et usé par son mode de vie. Il revient à Paris et loue un studio à Montparnasse. Il se considère au début plus comme un sculpteur que comme un peintre, se consacrant à cet art après que Paul Guillaume, un jeune et ambitieux négociant, lui ait présenté Constantin Brancusi.
Il découvre l'art nègre et cambodgien au Musée de l'Homme. Ses statues sont reconnaissables à leurs yeux en amande, la bouche petite, les nez fins et longs et les cous allongés. Une série fut présentée au Salon d'automne de 1912, mais sa mauvaise santé lui fait abandonner cette voie brutalement; les poussières et l'épuisement l'obligent à se consacrer seulement à la peinture.
Il fait le portrait des habitués de Montparnasse, comme Soutine qui avait un “gosier en pente“, Diego Rivera, Juan Gris, Max Jacob, Blaise Cendrars, Foujita et Jean Cocteau...
Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il essaye de s'engager dans l'armée mais sa santé précaire le fait réformer.
Connu comme “Modi“ par ses amis, Amedeo est magnétique pour la gent féminine. Il a beaucoup d'aventures jusqu'à ce que Béatrice Hastings entre dans sa vie. Elle reste avec lui pendant presque deux ans, étant le modèle pour plusieurs portraits comme “Madame Pompadour“. Sous l'effet de l'alcool, il est maussade et violent, comme le montre le dessin de Marie Vassilieff. À jeun, il est gracieusement timide et charmant, citant Dante Alighieri et récitant des poèmes du comte de Lautréamont Les Chants de Maldoror dont il garde un recueil en permanence auprès de lui.
En 1916, il se lie avec le poète et marchand d'art polonais Léopold Zborowski et sa femme Hanka. Modigliani le peint plusieurs fois ne faisant payer que dix francs par portrait.
L'été suivant, le sculpteur russe Chana Orloff lui présente Jeanne Hébuterne, une belle étudiante de 18 ans inscrite à l'académie Colarossi, et qui avait notamment posé pour Foujita. Lorsque la famille bourgeoise de Jeanne apprend sa liaison avec celui qu'elle considérait comme un débauché et une épave, elle lui coupe les vivres. Leurs relations très orageuses deviennent bientôt encore plus célèbres que le comportement de Modigliani ivre.
Le 3 décembre 1917 a lieu son premier vernissage, mais l'exposition est fermée quelques heures plus tard pour indécence. À cause de problèmes de santé, il doit déménager à Nice avec Jeanne Hébuterne, qui accouche fin 1918 d'une fille prénommée Giovanna.
En mai 1919, il retourne à Paris, rue de la Grande Chaumière. Sa santé se détériore rapidement. N'ayant pas entendu parler de lui depuis plusieurs jours, des voisins le trouvent délirant dans son lit tenant la main de Jeanne enceinte de près de neuf mois. Le docteur ne peut que constater son état désespéré. Il meurt d'une méningite tuberculeuse le 24 janvier 1920. Les funérailles sont suivies par les communautés d'artistes de Montmartre et Montparnasse. Jeanne Hébuterne, qui avait été conduite chez ses parents, se donne la mort en se jetant d'une fenêtre au cinquième étage, deux jours après le décès de Modigliani.
Leur fille orpheline, Jeanne (1918-1984), sera adoptée par la soeur de Modigliani à Florence. Adulte, elle écrira une biographie importante de son père intitulée: Modigliani, homme et mythe. (Source©Wikipedia).
, de Chaïm SoutineIssu d'une famille juive orthodoxe d'origine lituanienne, Chaïm Soutine grandit dans des conditions pénibles, sa famille étant très pauvre et les conditions de vie difficiles pour les juifs sous l'empire russe. Elevé dans les traditions et les principes religieux du Talmud, il suit néanmoins des cours de dessin avec son ami Michel Kikoine. Il réussit à se rendre à Paris en 1910, avec son amie de coeur, la cantatrice Deborah Melnik. Ces derniers passent leur examen d'entrée aux Beaux-Arts la même année. Chaïm Soutine entre en 1913 à la Ruche, cité d'artistes du quartier Montparnasse. La Grande Guerre vient cependant tout interrompre. Il se porte volontaire dans les tranchées mais est vite réformé à cause de son état de santé fragile. Il fait alors la rencontre de Modigliani, lui aussi réformé pour les mêmes raisons. Une grande amitié naît, mais est interrompue en 1920 par la mort de Modigliani. Malgré sa santé fragile et ses souvenirs morbides dus à une enfance troublée, Chaïm Soutine ne cesse de peindre. Traqué et menant une vie clandestine durant la Seconde Guerre mondiale, le peintre est hospitalisé et meurt après son opération. Souvent comparé à son ami Modigliani, obsédé par la forme et les couleurs et sujet à la dépression, Chaïm Soutine, qui a malheureusement détruit beaucoup de ses peintures, est considéré comme l'une des figures majeures de l'art du début du 20ème siècle. (Source©Wikipedia), Max JacobMax Jacob est un poète, romancier, essayiste, épistolier et peintre français, né le 12 juillet 1876 à Quimper et mort le 5 mars 1944, prisonnier au camp de Drancy. Il passe toute sa jeunesse à Quimper, puis s'installe à Paris, où il fréquente notamment dans le quartier de Montmartre et se fait de nombreux amis dont Picasso qu'il rencontre en 1901, Braque, Matisse, Apollinaire et Modigliani. Juif de naissance, il se fait baptiser à l'âge de 40 ans, en 1915 avec Picasso comme témoin.
Après avoir vécu à Saint-Benoît-sur-Loire de 1921 à 1928 auprès de l'abbaye bénédictine, il y revient en 1936 pour s'y retirer définitivement et y mène une vie quasi-monastique.
C'est là qu'il est arrêté par la Gestapo d'Orléans le 24 février 1944, avant d'être déporté au Camp de Drancy, où il meurt d'épuisement deux semaines plus tard en dépit de diverses interventions pour le faire libérer, dont celles de Jean Cocteau et Sacha Guitry. Max Jacob comptait parmi ses nombreux amis Jean Moulin qui prendra le pseudonyme de Max dans ses activités de résistant. Son corps a été inhumé en 1949 à Saint-Benoît-sur-Loire. Sa tombe a été ornée d'un de ses portraits réalisé en 1935 par son ami René Iché. Il est répertorié comme “Poète - Romancier - Essayiste - Peintre“ à la Bibliothèque nationale. Il a aussi traduit des textes du catalan en français (Source©Wikipedia).
, Picasso...

Dans son récit de l’un des derniers pique-niques partagé avec les Huxley, Sybille Bedford relate dans son style elliptique:[…] “une crique quasi inaccessible de l’autre côté du Brusc. Une avant-garde composée de Maria, René et des fils Kisling, deux petits diables au teint buriné par le soleil. Matthew et moi-même nous étions baignés tôt. Maria et les Kislings voltigèrent en contrebas d’une piste escarpée qui servait aux chèvres. Matthew s’en tira honorablement, je fermais les yeux. À midi sous l’escorte d’Aldous, on vit Edith Warthon L'enfance d'Edith Wharton, alors Edith Newbold Jones, est marquée par l'aisance et les voyages. Issue d'une riche famille américaine, elle vit à New York, Paris, Florence ou encore en Allemagne, se construisant au fil des découvertes un imaginaire hors du commun. Si ses parents n'apprécient guère qu'elle se consacre à l'écriture dès l'adolescence - elle achève sa première nouvelle, 'Fast and Loose', à 15 ans - ils financent tout de même en 1878 l'édition du recueil de poèmes qui la fera connaître, 'Verses'. A partir de 1880, ses productions sont publiées dans l'Atlantic Monthly, puis dans le Scribner's Magazine (' Mrs Manstey's View', 1890, 'Ethan Frome', 1911). Elle connaît le succès avec 'The Decoration of Houses', ouvrage paru en 1897 avec la collaboration de l'architecte Odgen Codman, mais surtout avec 'Chez les heureux du monde', son premier roman, en 1905. Femme de tête et de passion, elle fréquentera plusieurs hommes, et notamment Edward (Teddy) Robin Wharton, sans jamais trouver celui qui lui convienne. Elle s'entourera également de personnalités comme Henry James, Henri Adams, Theodore Roosevelt, et, suite à son installation à Paris en 1906, Paul Bourget, Anna de Noailles, André Gide ou encore Jean Cocteau. Edith Wharton enchaîne les ouvrages, couchant sur le papier avec ferveur son goût pour l'aventure : 'The Reef' (1912), 'Eté' (1917), 'The Age of Innocence' (1920). .. A sa mort, elle laisse un dernier roman inachevé, qui sera publié à titre posthume en 1938. Source©Evene., Paul ValeryPaul Valéry entre en 1888 à la faculté de droit et se désintéresse très vite de ses études pour les lettres et la peinture. Passionné de poésie, il découvre les symbolistes, sous l'influence desquels il compose ses premiers vers. Il se lie d'amitié avec Pierre Louys, qui lui présente Mallarmé et André Gide. La nuit du 4 octobre 1892, à Gênes, il traverse une crise passionnelle où il décide de soumettre la sensibilité à la raison et de se consacrer à l'activité intellectuelle. Installé à Paris, il est rédacteur au ministère de la Guerre puis secrétaire particulier du directeur de l'agence Havas. Après 'L'introduction à la méthode de Léonard de Vinci', il renonce à l'écriture tandis que sa renommée croît. Son retour en 1919 avec 'La Jeune Parque', puis 'Charmes' l'impose comme l'un des plus grand poètes français. Son immense succès a fait de lui une 'espèce de poète d'État': élu à l'Académie française en 1925, il est nommé professeur de poétique au Collège de France en 1937, et reçoit des funérailles nationales en 1945. Source©Evene.et Mme qui s’approchaient du bord de la falaise.“

Dans sa biographie, Sybille Bedford parle plus de la relation qu’entretenaient Renée Kisling et Maria Huxley et peu de celle entre le peintre et l’écrivain. Bien que généreux et respectable, le polonais Kisling était bien trop exubérant et coureur de jupons pour un Huxley qui était, quant à lui, plutôt réservé. À quelques occasions, ils dînèrent l’un chez l’autre, mais Aldous ne ressentait pas particulièrement d’attirance pour le mode de vie de cet artiste – au demeurant attachant. CocteauNé à Maisons-Laffitte, le 5 juillet 1889. Issu d’une famille de la grande bourgeoisie parisienne, Jean Cocteau fit ses études au lycée Condorcet à Paris. Il était âgé de neuf ans lorsque son père se suicida. Esprit artiste, esthète au tempérament de dandy, il publia ses premiers poèmes dès 1909 et devint une des figures à la mode du Tout-Paris et des salons que fréquentaient les Daudet, la comtesse de Noailles, Marcel Proust. En 1913, la création par Diaghilev du Sacre du Printemps de Stravinski fut pour lui une véritable révélation, qui devait influencer l’ensemble de son ½uvre protéiforme.
Engagé comme ambulancier pendant la Première Guerre mondiale, il se lia d’amitié avec Apollinaire.
L’entre-deux-guerres devait être pour Jean Cocteau, au faîte de sa gloire, une période d’intense créativité, placée sous le signe de l’avant-garde. Il collabora avec des musiciens tels Érik Satie (Parade, 1917) et Darius Milhaud, comme avec des peintres célèbres.

Il témoigna dans son écriture d’une égale curiosité, s’essayant à la poésie d’inspiration futuriste, dadaïste ou cubiste: Le Cap de Bonne Espérance (1919), au roman poétique : Le Potomac (1919), Thomas l’imposteur (1923), Les Enfants terribles (1929).

Il occupa également une grand place dans le théâtre, avec Les Mariés de la tour Eiffel (1924), La Voix humaine (1930), La Machine infernale (1934), Les Parents terribles (1938), Les Monstres sacrés (1940), La Machine à écrire (1941), L’Aigle à deux têtes (1946), Bacchus (1952).
Enfin, le cinéma devait à son tour attirer Jean Cocteau, qui donna au septième art des films et des scénarios marquants, parmi lesquels on citera Le Sang d’un poète (1930), L’Éternel retour (1943), La Belle et la Bête (1945), Les Parents terribles (1949), Orphée (1950), Le Testament d’Orphée (1960).

Il convient d’ajouter encore à la palette variée de ses talents celui de dessinateur et de peintre. On lui doit, outre des albums, la décoration des chapelles de Villefranche-sur-Mer et Milly-la-Forêt. Génial “touche-à-tout“, passé maître dans l’art du sortilège, ce créateur que son originalité empêche d’enfermer dans telle ou telle mouvance littéraire ou artistique ne se voua qu’à un seul maître: l’étonnement - le sien comme celui des autres.
Jean Cocteau fut élu à l’Académie française le 3 mars 1955 au fauteuil de Jérôme Tharaud. Se présentait également un inconnu, le vicomte de Venel, qui rédigeait en vers de mirliton ses lettres de candidatures, renouvelées plus de trente fois.
Reçu le 20 octobre 1955 par André Maurois, Cocteau décrivait la Coupole comme “quelque grotte sous-marine, une lumière quasi surnaturelle d’aquarium et sur des gradins en demi-cercle, quarante sirènes à queues vertes et à voix mélodieuses“.

Mort le 11 octobre 1963.
nous dit de lui dans son épitaphe: “Il n’y avait de bonté et d’amour que chez Kisling. Dans ce Montparnasse, Kisling représentait le c½ur. Nos coeurs n’ont jamais souffert d’une ombre.“

Ce fut l’épouse de Kisling, Renée, une femme vigoureuse et charismatique qui permit à la relation de se développer. En effet, Maria et Renée s’étaient découvert une passion commune pour les plantes, les chats et le plein air. Elles faisaient toutes les deux parties de cercles féminins qui fréquentaient régulièrement la “Villa Huxley“, mais uniquement en l’absence d’Aldous. Lorsque les Huxley gagnèrent la Californie début 1937, Maria offrit à Renée sa célèbre Bugatti rouge en témoignage de son amitié.

Il ne fut pas difficile de contacter Guy et Jean Kisling qui avaient traversé la seconde moitié du XXe siècle dans l’ombre de la renommée de leur père. En rencontrant Guy Kisling, je lui demandai s’il conservait des souvenirs des Huxley et s’il connaissait le destin de la Bugatti rouge. En effet, il se souvenait très bien de cet épisode et après deux rencontres, il me convia à déjeuner chez lui. Guy Kisling, l’aîné des deux fils, vivait toujours dans la maison familiale de l’époque appelée “La Baie“. Située dans une longue propriété nichée entre la route côtière et la ligne ferroviaire qui reliait Marseille à Toulon, elle offrait une vue imprenable sur la baie de Bandol et sur le cap de la Gorguette que certains nommaient autrefois “Huxley Point“. La villa de plain-pied et l’atelier dans lequel Kisling peignit de nombreux portraits des belles du coin faisait toujours écho à la présence du peintre.

Guy Kisling me confirma que Maria avait offert la Bugatti à sa mère et m’apprit aussi que l’automobile en question fut réquisitionnée par l’occupant allemand en 1942 pour disparaître à jamais. Il s’en souvenait bien car il l’avait conduite sans permis jusqu’à Saint-Tropez, où il fut arrêté car il n’avait pas l’âge de conduire le véhicule, et c’est entre deux gendarmes qu’on le ramena chez lui.

Voici le genre de souvenirs que Guy Kisling pouvait se remémorer: d’innombrables anecdotes d’un enfant gâté datant d’ailleurs souvent d’après-guerre, mais hélas peu de souvenirs d’Aldous et de Maria: ils étaient d’un monde d’adulte auquel il n’appartenait pas.

Guy Kisling se souvenait mieux de Matthew car ils avaient le même âge, mais ses souvenirs se réduisaient à des parties de pêche et des pique-niques sur la plage, ce que confirment les biographes. Plus tard, quand je fis la connaissance de son frère Jean à Paris, il ne me révéla rien de plus que son frère aîné mais me montra d’étonnantes photographies de diverses célébrités avec qui “Kiki“ avait été lié pendant sa vie de peintre. Jean avait lui-même publié le catalogue raisonné ainsi qu’une biographie de son père Moïse Kisling. En tant qu’un des représentants de l’héritage Kisling, il m’annonça qu’il était prêt à m’aider à documenter le chapitre qui décrirait la place que ses parents avaient tenue à Sanary dans les années trente, souvenir aujourd’hui en partie effacé, un peu comme celui des Huxley.
Université Nancy II © Gilles Iltis 2005

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