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Huxley à Sanary 3.3

Au-delà des frontières en quête d’éléments

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Entre deux séries d’examens je m’organisai un périple de recherche qui me conduisit à Bruxelles, à Münster en Westphalie et à Paris. L’axe de mon travail consistait à identifier et à photocopier dans quatre bibliothèques tous documents relatifs à Sanary pour en faire plus tard l’analyse.

Mon but était de réunir le plus possible d’éléments sur cette époque et bâtir une chronologie solide qui mentionnerait tous les événements, les rencontres, les publications et les voyages qu’Huxley avait effectué durant les sept ans de son séjour et surtout vérifier s’il n’y avait pas d’informations fausses ou d’oublis majeurs. Après avoir obtenu les autorisations nécessaires, je me mis en route sans tarder.

Je savais que Maria Nys Huxley n’avait jamais cessé d’écrire des lettres et que l’ensemble de sa correspondance était archivé dans le Fond Nys à la Bibliothèque Royale de Bruxelles. Je m’y rendis et grâce à l’accord écrit de la représentante des Huxley, cette même bibliothèque mit à ma disposition deux gros classeurs de correspondance que je pus rapprocher du courrier adressé à Gulia (mère de Fosca Gori) au cours de la guerre.

De toute évidence, les lettres de Maria ne rivalisaient pas avec celles d’Aldous du point de vue du style ou de contenu, mais elles étaient aussi vivantes, agrémentées d’excentriques fautes d’orthographe, remplies de détails dérisoires et d’observations émouvantes sur l’état de la planète et, pour cause de guerre, la difficulté de pouvoir communiquer avec les êtres chers. En tous les cas, elles reflétaient parfaitement l’état d’esprit du couple expatrié à ce moment-là.

Le Centre d’Études sur Aldous Huxley ( CAHS ) situé dans l’enceinte de l’université allemande de Münster (Wetsphalie) me permit d’accéder à une somme de documents originaux et de photocopier de nombreuses pages concernant l’auteur. Le directeur du centre, le Dr Banfried Nugel, l’un des plus éminents spécialistes de l’½uvre de Huxley, y a rassemblé un nombre important de publications, de premières éditions et de travaux originaux de et sur l’écrivain. Cette courte visite au Centre me fit comprendre l’étendue et l’envergure du travail d’Aldous Huxley, son importance pour une certaine communauté universitaire et surtout l’énorme impact de certaines de ses oeuvres majeures. Les ouvrages d’Huxley ne cesseront d’être étudiés et analysés.

Comme Huxley a souvent été visionnaire, il est possible que, plusieurs décennies après sa disparition, il rencontre à nouveau le succès. Les traductions de ses livres en chinois en sont un signe éminent. Lors de ma visite, le Dr Nugel me fournit des informations sur les travaux biographiques déjà réalisés ou en projet et il encouragea pleinement le mien.

Je compris qu’il n’était pas impossible que j’obtienne un article dans la publication annuelle d’Huxley une fois mes recherches plus avancées. Les photographies que je lui ai montrées l’ont agréablement surpris et ainsi, par son intermédiaire, j’observais les réactions et l’intérêt de ceux qui admiraient non seulement l’oeuvre mais aussi l’homme.

À Paris, je fis une visite à la Société des auteurs compositeurs dramatiques (SACD), dont l’un des membres, Georges Neveux, réalisateur français bien connu et beau-frère d’Huxley avait, après la guerre, adapté au théâtre Le Sourire de la Joconde (The Gioconda Smile, 1948). Après qu’ils furent partis aux États-Unis pour ce qu’ils pensaient être un court séjour, les Huxley imaginèrent qu’en cas de conflit sérieux les Allemands ne manqueraient pas de s’en prendre à la “Villa Huxley“ en raison de leur citoyenneté britannique. Dans un premier temps, ils firent effacer le nom peint à l’entrée, puis estimèrent ensuite qu’il serait plus sage de se débarrasser de la maison. Georges Neveux et Jeanine Nys Neveux, la soeur préférée de Maria, se chargèrent de vendre la villa où de si bons moments s’étaient écoulés.

Ils firent l’acquisition de la villa “Rustique“, une maison plus discrète au bas du chemin du Diable, maison qui existe toujours mais sous un autre nom. C’est là que Maria envoya les colis de nourriture qui, durant la durée de la guerre, aidèrent tant sa s½ur et la jeune enfant qu’elle venait d’avoir. C’est à “La Rustique“ qu’Aldous et Maria demeuraient les rares fois qu’ils revenaient après la guerre.
Dans le fond Neveux, je recherchais des traces écrites sur Huxley mais la correspondance entre les deux écrivains qui était supposée être instructive ne donna pas les résultats escomptés, de même que ma visite à la nièce Noele Neveux qui, bien qu’elle eût connu tous les acteurs de cette période, conservait un voile sur ces souvenirs pour des raisons sentimentales. Plus tard, lors de ma visite à la Bibliothèque nationale, je fis la découverte d’une étude rare d’André Dommergues qui donnait un aperçu original de la personnalité d’Aldous, une visite qui en valait la peine.


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