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Regards sur un terroir

Origine de Sanary jadis appellée Saint-Nazaire

Fille d’Ollioules par l’origine et s½ur de celle-ci par son ancienneté, la commune de Sanary-sur-Mer s’en démarque par une activité indéniablement tournée vers la mer. De ses rapports commerciaux avec le monde grec antique et de ses domaines romains exportant le vin élaboré dans leurs chais, l’ancienne Aregno, devenue cellam Sancti Nazarii, en français Saint-Nazaire, nous a laissé des preuves indéniables. A partir de 1156 elle entra dans le giron d’Ollioules pour près d’un demi-siècle. Sa tour, fief accordé aux seigneurs de Vintimille par le roi de Naples, fut le point d’ancrage d’une petite collectivité qui se détacha d’Ollioules en 1688, et devint l’avant-port militaire et commercial de Toulon.

Bien plus tard, sous la direction de maires avisés, comme Michel Pacha, elle se tourna vers le commerce puis vers la pêche et le tourisme. Terre d’accueil d’artistes français et étrangers, elle devint entre les deux guerres un Parnasse méditerranéen où fut créé l’appellation contrôlée des Vins de Bandol. Fortement ébranlée lors du dernier conflit, elle est fière aujourd’hui de compter dix fois plus d’habitants qu’en 1789, et d’avoir su conserver un cachet provençal à nul autre pareil.

Le 23 juin de l’an 1663, au bourg de Saint-Nazaire, les syndics du lieu passèrent une transaction avec leur seigneur François de Vintimille des comtes de Marseille. Cette transaction par laquelle le seigneur de Vintimille s’engageait à tout faire pour obtenir la séparation d’avec Ollioules, fut faite avec des garanties diverses pour le bourg. Entre autres, droit du port du chaperon pour les consuls élus, emploi des armoiries du seigneur pour celles du bourg. Le seigneur proposa qu’autour des armoiries viendrait s’inscrire la mention “Saint-Nazaire - Beauport“ Hélas rejetée, la tentative de séparation n’obtint pas de succès. La transaction fut donc annulée à Aix. Les armoiries proposées ne purent être adoptées.

Mais les syndics, le seigneur, les habitants, leurs amis s’entêtèrent et malgré les ordres du Roi, on refit une demande en séparation. Colbert, principal opposant étant mort, le Roi Louis XIV finalement par arrêt en date du 10 juillet 1688 donna son consentement.

En septembre, on entreprit de limiter le terroir accordé à Saint-Nazaire, fixé au tiers du terroir total d’Ollioules. Pour en marquer les limites, deux experts venus d’Aix, restèrent à Saint-Nazaire pendant un mois et demi, marquant par des termes et des marques gravées sur des roches les nouvelles limites. Sur les deux termes furent gravées “une tour sur deux palmes et une croix au-dessus“. C’étaient les nouvelles armoiries qu’avaient choisi les nouveaux consuls.

Plus tard, en 1697, ce sont ces armoiries qui furent déposées à la Recette des Droits d’enregistrement des armoiries, créée par édit du mois de Novembre 1696 du Roi Louis XIV. C’est monsieur de Cuges, de la Tourelle, trésorier de la communauté qui en fit le dépôt. Le montant des droits s’éleva à 20 livres. Elles figurent à l’Armorial général, sous le n°315Bibliothèque Nationale, Paris, 7399-30-Provence II, Blas. Col. P. 1160

Le texte qui les accompagne est le suivant:
"Porte d’azur à une tour d’argent sommée d’une croisette, de même, la tour massonée de sable, ajourée d’une porte, et de deux lucarnes de même et côtoyée de deux palmes d’or, les tiges passées en sautoir"

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